Avec Zola en Angleterre


(Sortie : janvier 2022)

Le 13 janvier 1898, le quotidien L’Aurore publie une lettre ouverte d’Émile Zola au président de la République Félix Faure fustigeant la malhonnêteté, l’incompétence et l’antisémitisme des accusateurs d’Alfred Dreyfus, officier français condamné à tort pour haute trahison. Le contenu enflammé de cet article — et son titre provocateur, J’accuse… ! — lui assurent un effet immédiat, décuplant le tirage du journal et attirant l’ire du ministère de la Guerre et des anti-dreyfusards. Le général Billot, ministre de la Guerre, intente tout de suite un procès en diffamation à Zola et, moins d’un mois plus tard, une série tortueuse d’audiences commence, accompagnée de violentes attaques contre Zola dans la presse ; elle se conclut par la condamnation de Zola à 3000 francs d’amende et à une peine d’un an de prison. Malgré un pourvoi en cassation, Zola se voit conseiller de quitter le pays par son avocat, qui pense, à raison, que l’issue est certaine.


Le 18 juillet 1898, seul et sans bagage, Zola traverse la Manche de nuit et rejoint Londres. Après quelques jours à l’hôtel, il s’installe en secret dans la campagne du Surrey, aidé d’Ernest Vizetelly, son éditeur anglais (et le fils de l’un de ses premiers traducteurs), dont la fille servira d’interprète à Zola, qui ne parle pas anglais. Zola déguisé visite Londres et l’Angleterre, écrit et reçoit famille et amis, dont Georges Clémenceau. Partagé entre la colère contre l’iniquité de la Justice et la satisfaction d’avoir relancé l’affaire Dreyfus par sa propre condamnation, il reste certain, comme il l’écrit, que « la vérité est en marche et rien ne l’arrêtera ». Il revient en France onze mois plus tard, mais ne verra jamais la réhabilitation ultime de Dreyfus.


Dans Avec Zola en Angleterre, Vizetelly, ami et défenseur de longue date de Zola, raconte de façon intime, vivante et détaillée cet exil méconnu de l’un des plus grands romanciers français.

Ernest Alfred Vizetelly (1853–1922) était un auteur, journaliste et éditeur anglais, dont le père fut l’un des premiers traducteurs de Zola en langue anglaise et qui en édita et traduisit lui-même les œuvres. Il vécut en France pendant de nombreuses années ; il est notamment célèbre pour son récit du siège de Paris en 1870, ville où, adolescent, il avait accompagné son père.